Vieille et Méchante

Un blog pour celles qui en ont trop vu pour encore faire semblant

« Je souris. Mais j'observe. »

— La rédactrice

Le Cul des Autres

Il y a une scène que vous avez déjà vue. Même si vous ne vous en souvenez pas. Une femme se lève du lit. La caméra, bienveillante, nous offre ses fesses. Ce plan n'a pas de nom. Il devrait.

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Pourquoi je ne pardonne plus par principe

Il paraît que pardonner, on le fait pour soi. Pas pour l'autre. Pour se libérer, lâcher le poids, tourner la page. Tourner la page, quelle drôle d'expression.

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Le Courrier des Méchantes

Réponses aux questions qu'on nous pose, et à celles qu'on aurait dû poser

Chaque semaine, des lecteurs écrivent. Certains cherchent un conseil. Certains cherchent une validation. Certains cherchent une dispute. On répond à tous avec la même honnêteté — sans les ménager particulièrement.
« J'ai 58 ans et mes collègues plus jeunes me parlent comme si j'avais besoin d'aide pour allumer mon ordinateur. Comment je gère ça sans passer pour la vieille aigrie du bureau ? »— Martine, Lyon

Réponse.

Martine, vous n'avez pas à gérer ça. Vous avez à le nommer. La prochaine fois qu'un collègue de trente-deux ans vous explique comment fonctionne un fichier Excel, regardez-le dans les yeux et dites : "Je travaille avec des tableurs depuis avant ta naissance. Merci quand même."

La vieille aigrie du bureau, ce n'est pas celle qui se défend. C'est celle qui se tait jusqu'à la retraite. Ne soyez pas elle.

« Mon ex m'envoie des messages depuis six mois. Je ne réponds pas mais je les lis tous. Est-ce que je fais une erreur ? »— Anonyme

Réponse.

Lire sans répondre, ce n'est pas une erreur. C'est une position. Vérifiez pourquoi vous les lisez. Si c'est pour confirmer que vous avez bien fait de partir, continuez. Si c'est dans l'espoir de trouver le message qui changerait quelque chose, arrêtez. Ce message n'existe pas.

Le silence est une réponse complète. Vous n'avez pas à l'expliquer, le justifier, ou l'adoucir d'un emoji. Tenez.

« Ma fille de 35 ans m'a dit que j'étais "toxique" parce que je lui ai dit la vérité sur son nouveau copain. Il est vraiment nul. »— Françoise, Bordeaux

Réponse.

Vous avez dit la vérité. C'est votre droit, un droit qu'on peut exercer une fois, clairement, et une seule fois. Au-delà, ça s'appelle une campagne. Laissez-lui le temps. Et quand le copain nul se confirmera nul, soyez là sans dire je te l'avais dit. C'est le plus difficile. C'est le plus efficace.

« J'ai envie de tout plaquer et de recommencer quelque chose de nouveau à 61 ans. Tout le monde me dit que c'est une crise. »— Christine, Paris

Réponse.

Une crise c'est quand quelque chose dysfonctionne. Avoir envie de vivre autrement à 61 ans, ce n'est pas un dysfonctionnement. La seule vraie question : qu'est-ce que vous voulez recommencer ? Répondez à ça d'abord. Le reste suit.

« Je suis un homme de 64 ans et je lis votre blog en cachette. C'est le meilleur que j'ai lu depuis longtemps. Je peux continuer ? »— Henri, quelque part

Réponse.

Henri. Vous n'avez pas besoin de permission. Vous avez besoin de vous demander pourquoi vous lisez en cachette un blog écrit par une femme qui dit ce qu'elle pense. Si la réponse vous gêne un peu, c'est bon signe. Bienvenue.

« Je t'écris après un long silence. Tu me manques. J'ai changé. Vraiment. Cette fois c'est différent. Tu n'as rien à perdre. »— Anonyme, mais tu sais qui

Réponse.

Ah. Le message de la dernière chance. "J'ai changé. Vraiment." C'est la phrase la plus utilisée de la correspondance sentimentale mondiale. Elle n'est pas forcément fausse. Elle n'est pas non plus une preuve.

"Tu n'as rien à perdre." Si. La paix que j'ai mis du temps à construire. L'espace mental que j'ai récupéré.

Le silence que tu reçois n'est pas un oubli. C'est une réponse. La plus complète que j'aie jamais donnée.

Vous avez une question, une colère à partager ? Écrivez au Courrier des Méchantes. On ne promet pas d'être gentilles. On promet d'être honnêtes. C'est mieux.

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Qui est derrière ce blog

Et pourquoi elle écrit

Je ne vais pas vous raconter ma vie. D'abord parce que c'est long. Ensuite parce que ce n'est pas le sujet. Et enfin parce que les pages À propos qui commencent par une biographie chronologique sont les plus ennuyeuses de l'internet — et l'ennui, ici, n'est pas au programme.

Ce que vous avez besoin de savoir : j'ai soixante ans et quelques. J'ai vécu beaucoup de choses. J'en ai tiré des conclusions. Ce blog, c'est ces conclusions.

Pourquoi Vieille et Méchante

Parce que ce sont les deux mots qu'on utilise pour faire taire les femmes qui parlent trop fort après un certain âge. Ce qui m'a pris, c'est soixante ans d'observation. De patience. De silence consenti. Et un jour, se taire n'était plus de l'élégance. C'était de la complicité. Alors j'ai écrit.

Ce que vous trouverez ici

Des opinions. Tranchées, assumées, révisables si on me convainc — ce qui est rare mais possible. De l'humour — pas celui qui adoucit, celui qui pointe. Et parfois, rarement, quelque chose qui ressemble à de la tendresse. Je la glisse discrètement. Elle est là quand même.

Ce que vous ne trouverez pas

De la bienveillance de façade. Des listes de conseils pour mieux vieillir. Des hashtags feel-good. Des excuses d'exister.

Pourquoi maintenant

Parce qu'à soixante ans on n'a plus grand-chose à perdre socialement. Et qu'une femme qui n'a plus grand-chose à perdre est une femme qui peut enfin dire ce qu'elle pense.

Bienvenue — ou pas. Les deux options sont respectables.